Brésil 2014Après bien des sueurs froides données à ses supporters, l'équipe de France de football a validé son billet pour le Brésil. L' « euphorie » de la qualification passée, on peut commencer à envisager plus sereinement ce mondial brésilien dont le coup d'envoi sera donné le 12 juin 2014.

Pour la deuxième fois de son histoire (la première, j'y reviendrai plus tard, c'était en 1950), le Brésil accueillera donc la grand-messe du football mondial. On entend souvent dire que dans cet immense pays de 200 millions d'habitants, le volley est le sport national car le foot est une religion. C'est dire l'ancrage du ballon rond dans l'identité et la culture brésilienne ! Avec déjà 800 000 billets vendus, le succès populaire de la compétition ne fait aucun doute dans la patrie du « foot samba » (terme qui n'est d'ailleurs pas employé au Brésil, où on parle plutôt de « futebol arte », mais qui est utilisé en Europe pour évoquer le jeu brésilien caractérisé par la rapidité, l'attaque et la circulation de la balle au sol).

Pour cette coupe du monde à domicile, les Brésiliens espèrent évidemment décrocher le sixième titre suprême de leur histoire et tenter ainsi d'effacer l'affront subi en 1950. Même pour ceux qui étaient trop jeunes pour s'en souvenir ou pour ceux qui n'étaient pas encore nés, la défaite lors du Mondial 1950 au Maracanã face à l'Uruguay agit comme un traumatisme national (un peu du même type que celui laissé par une certaine demi-finale France/Allemagne en 1982...). Devant 200 000 personnes, chiffre qui paraît aujourd'hui hallucinant au regard des normes de sécurité édictées par la FIFA, le Brésil, qui avait pourtant ouvert le score, s'incline 2 buts à 1 face à la Celeste...

Les Brésiliens ont eu un avant goût de cette nouvelle coupe du monde à domicile avec cette sorte de répétition générale qu'est la coupe des confédérations (qui s'est déroulée du 15 au 30 juin 2013). Malgré la victoire du pays hôte, il a été plus question de manifestations que de ballon rond... Celles-ci ont commencé à São Paulo, en raison de l'augmentation du prix des tickets de bus, et se sont rapidement étendues à tout le pays avec des revendications plus larges tournant principalement autour de l'amélioration des services publics. Preuve de la tension dans le pays, la Présidente, Dilma Rousseff, sifflée par le public lors du match d'ouverture à Brasilia, n'a pas assisté à la finale du tournoi contrairement à ce qu'elle avait envisagé. Loin du soi-disant consensus national autour de l'organisation du mondial, les manifestations de juin ont mis en lumière les coûts énormes engendrés par un tel événement par rapport au manque d'investissement de l’État dans les services publics, au premier chef l'éducation et la santé. C'est la raison pour laquelle Sepp Blatter, Président de la FIFA, a provoqué l'indignation des Brésiliens en déclarant que « le football est plus fort que l'insatisfaction des gens »...

Si le mouvement contestataire s'est depuis calmé, les conditions de sécurité sur les chantiers des stades construits ou rénovés pour la coupe du monde font désormais débat. En effet, cinq ouvriers étant décédés en moins d'un mois à São Paulo et à Manaus, des voix s'élèvent pour dénoncer la détérioration des conditions de travail. La FIFA impose une livraison des stades pour le 31 décembre 2013 au plus tard. Cependant, sur les douze stades qui accueilleront des matchs, six ne sont pas encore achevés. Malgré tout, ce retard ne devrait pas avoir de conséquence sur la compétition car, à l'exception du stade de Curitiba dont la construction est avancée à 85 %, tous les autres stades affichent un taux d'achèvement supérieur à 90 %.

Durant la phase de poule, l'équipe de France foulera la pelouse de trois de ces douze stades, et au vu de leur situation géographique, elle aura l'occasion de voir du pays :

  • le stade Beira-Rio à Porto Alegre, enceinte de l'International, club qui a battu le Barça lors de l'édition 2006 de la coupe du monde des clubs. D'une capacité de 48 849 spectateurs, ce stade n'est pourtant pas le plus grand de Porto Alegre. Le stade du Grêmio (un autre club de la ville) peut, en effet, accueillir 60 000 personnes mais n'a pas été retenu pour la coupe du monde ;

  • le mythique stade du Maracanã de Rio, dépourvu de club résident mais utilisé par les quatre grands clubs que compte la ville, à savoir Flamengo, Fluminense, Botafogo, Vasco da Gama. Rénové pour le mondial, il aura le privilège d'accueillir la finale devant 73 531 spectateurs ;

  • le stade Fonte Nova à Salvador de Bahia où joue le Bahia. Inauguré en 1951, il a été démoli pour cause de vétusté (en 2007, l'effondrement d'une partie d'une tribune avait coûté la vie à sept personnes). Le stade entièrement reconstruit pour la coupe du monde pourra accueillir 52 048 spectateurs.

PS : la rédaction de cet article n'aurait pas été possible sans l'aide précieuse de mon cher ami Pedro Didier, Brésilien et fin connaisseur du football.