France Allemagne

 

 

 

 

 

Comme tous les huit ans depuis l'an de grâce 1998, la France a obtenu (certes dans la douleur) son billet pour un quart de finale de Coupe du monde. On ne va pas se le cacher, les choses sérieuses commencent vendredi soir car l'adversaire n'est autre que le voisin allemand.

Ah l'Allemagne, ce pays avec lequel nous partageons pas moins de 451 kilomètres de frontière terrestre (frontière plutôt fluctuante au cours de l'histoire, c'est le moins que l'on puisse dire) ! Un match à enjeu contre un pays frontalier revêt toujours une saveur particulière. Même si, pour les Français, l'ennemi footballistique héréditaire est peut-être davantage à chercher de l'autre côté des Alpes (finale de 2006, je me souviens) et si les Allemands considèrent les Néerlandais comme leurs plus grands rivaux, ce France / Allemagne est très attendu des deux côtés du Rhin. Surtout depuis un certain match de 1982...

Si, comme moi, vous n'étiez pas nés lorsque Patrick Battiston a perdu deux dents dans un choc avec Herald Schumacher, allias le boucher de Sévilles (choc considéré comme une agression volontaire dans le camp français), il y a certainement eu quelqu'un dans votre famille pour vous conter ce match les trémolos dans la voix,  match au résultat ô combien cruel pour l'équipe de France. La profusion d'articles ces derniers jours sur ce France / Allemagne de 1982 aurait-elle pour principal objectif la transmission de la soif de revanche aux jeunes générations ? En 2006, interrogé sur le futur adversaire de la France en finale, Thierry Roland avait dit un truc du genre : « ce serait sympa de rencontrer les Allemands en finale histoire de leur foutre une bonne branlée ». Esprit de vengeance, quand tu nous tiens... Mais je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur ce France / Allemagne de 1982 car, mauvais souvenirs, attention danger (superstition, quand tu nous tiens...) !

Cela fait 28 ans que la France et l'Allemagne ne se sont pas affrontées lors d'un match officiel (j'entends par là un match autre qu'amical). La dernière confrontation entre les deux nations remonte au Mondial 1986 et là non plus, ce n'est pas un très bon souvenir pour l'équipe de France (victoire de l'Allemagne 2 à 0 en demi-finale). Il faut dire que la Mannschaft (l'équipe dans la langue de Goethe mais les Allemands parlent plutôt de « Nationalmannschaft » [l'équipe nationale] ou de Nationalelf [le onze national]), triple championne du monde, n'est jamais un adversaire facile à jouer. Cependant, les supporters français peuvent avoir quelques raisons de croire en une nouvelle demi-finale. Tous comme les Bleus, les Aigles (« die Adler », autre surnom donné aux joueurs de la Mannschaft) ont concédé un match nul lors de la phase de poule. Leur huitième de finale a été des plus poussifs face à une équipe algérienne bien inspirée (amis Algériens, merci d'avoir fatigué les Allemands en les emmenant en prolongation !).

Outre-Rhin, on ne prend pas les Français à la légère, qui selon les media allemands ont montré, de par leur qualification pour les quarts de finale, qu'ils étaient de retour parmi les grandes nations du ballon rond. Les Allemands, eux, rêvent d'une quatrième étoile après le denier sacre de 1990. Comme à chaque fois que joue la Mannschaft, les bureaux vont se vider avant 17 heures et tout le monde (ou presque) prendra la direction d'un « Biergarten » ou d'un « public viewing » pour suivre le match une bière à la main.

Vous l'aurez compris, des deux côtés de la frontière, vendredi à 18 heures, les yeux seront rivés vers le Brésil !