logo CNOSF

Les JO à Paris, c'est pour bientôt ? Une chose est sûre, la capitale française n'a jamais été aussi prête de se porter candidate à l'organisation des Jeux d'été de 2024. En effet, le 13 avril 2015, le conseil de Paris a engagé la ville vers un acte de candidature officiel. Il faut dire que les plus hautes autorités poussent dans ce sens. Quelques jours plus tard, François Hollande, au terme d'une visite d’État en Suisse, s'est rendu à Lausanne pour défendre la presque officielle candidature parisienne. L'officialisation à proprement parler est du ressort d'Anne Hidalgo (maire de Paris) et de Bernard Lapasset (président du comité français du sport international) qui auront jusqu'au 15 septembre prochain pour signer l'acte officiel. Si la candidature paraît certaine, la route jusqu'à l'obtention des JO est semée d'embûches, pour preuve les échecs parisiens de 1992, 2008 et 2012…

La capitale française a déjà accueilli les JO à deux reprises mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ça fait un bail ! Les éditions parisiennes remontent, en effet, à 1900 et 1924. On peut donc affirmer, sans prendre trop de risques, qu'elles ont disparu de la mémoire collective.

Une des premières (si ce n'est la première) question qui se pose autour de l'éventuelle candidature pour 2024 est celle du coût d'un tel événement. Le chiffre qui circule pour le projet parisien atteint les 6,2 milliards euros. Si cela peut paraître beaucoup, cette estimation prévisionnelle est en fait plutôt modeste, si on la compare au budget total repoussoir des Jeux de Sotchi qui culmine à 36 milliards d'euros. Cependant, la facture réelle des JO est toujours bien plus salée que prévu. Ainsi, l'édition londonienne a vu son coût plus que doubler par rapport au budget annoncé de 4,8 milliards d'euros.

Si le comité olympique français et la mairie de Paris font le pari des Jeux à moindre coût, c'est qu'ils partent du principe que de nombreux équipements sportifs existent déjà dans la capitale. Les porteurs du projet parisien ont estimé à 3 milliards d'euros les besoins en infrastructures. L'étude de faisabilité assure que près de deux milliards d'euros concernent des installations déjà programmées ou envisagées, comme la rénovation de Paris-Bercy et de Roland-Garros. Par ailleurs, malgré l'échec de 2012, la mairie de Paris avait promis que la plupart des infrastructures du dossier verraient le jour. Ainsi, le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, initialement pensé pour 2012, a été inauguré en 2014. Si Paris venait à obtenir les Jeux, nul doute que les épreuves de cyclisme sur piste s'y dérouleraient. Cependant, en dépit du discours rassurant et des chiffres annoncés, l'histoire des Jeux montre que leur budget s'avère toujours difficile à maîtriser.

Et c'est justement le coût de l'organisation d'un tel événement qui suscite des réticences de la part de certains responsables politiques et de l'opinion publique. Ainsi, le groupe Europe-Ecologie-Les Verts au Conseil de Paris a voté contre la candidature de la capitale. Il n'est pas sans dire qu'une candidature olympique va de pair avec adhésion populaire d'autant plus que le CIO y veille. Les porteurs du projet Paris 2024 voudraient donc sonder l'adhésion populaire sans mettre en péril la candidature. C'est pour cette raison qu'Anne Hidalgo a annoncé la tenue d'une « consultation » courant 2016, consultation et non référendum car le référendum est un exercice plutôt risqué si l'on en croit les expériences munichoise et cracovienne. En effet, ces deux villes avaient conditionné leur candidature à un vote favorable de leurs citoyens. Cependant, au grand dam des comités d'organisation, le référendum s'est soldé par un « non aux Jeux Olympiques », d'où une certaine frilosité côté parisien… Selon un récent sondage, 61 % des Français et 63 % des Franciliens souhaiteraient que Paris se lance dans la course aux Jeux. Reflète-t-il néanmoins la réalité ?

Parmi les sceptiques, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'impact des Jeux Olympiques sur un pays. Si les bienfaits des JO sur l'économie du pays organisateur sont sujet à discussion, les Jeux peuvent être l'occasion d'améliorer les infrastructures. Ainsi, les Jeux de 1992 ont transformé Barcelone et ont contribué à faire de la ville une capitale régionale européenne. Pour arriver à un tel succès, encore faut-il que le projet urbanistique soit tourné vers l'après JO. Dans le cas où Paris serait choisie pour organiser les Jeux de 2024, la Seine-Saint-Denis pourrait accueillir une part importante des infrastructures, notamment la piscine et le village olympique, dont la reconversion en logements sociaux ou étudiants est envisagée.

Du point de vue des défenseurs de la candidature parisienne, Paris et la France bénéficieraient, grâce aux Jeux, d'une exposition médiatique sans égale et l'engouement pour les compétitions souderait les Français, dont la fierté nationale remonterait en flèche.

Pour que ce scénario idyllique se réalise, il faut déjà que Paris obtienne les Jeux. Or, la lutte risque d'être féroce face aux candidatures probables de Rome, Hambourg, Boston et Budapest. Les Jeux vont-ils finir par sourire à Paris ? Réponse dans les mois à venir.