champions du monde

12 juillet 1998 : pour la première fois de son histoire, la France est sacrée championne du monde de football. Pour les amateurs de ballon rond, y compris ceux qui n'étaient pas encore sur cette terre, cette date est entrée dans les annales du sport français. Alors, vingt ans après cette date mythique, on a ressassé de vieux souvenirs, sans doute magnifiés par le temps et, à la veille de ce Mondial russe, on y croyait forcément un peu. Les matchs de poule, qualifiés pudiquement de poussifs, ont pu faire craindre une élimination à un stade précoce mais, manifestement, il n'en fut pas ainsi. De rencontre en rencontre, jour après jour, on a senti s'emparer des corps et des esprits un engouement plus connu depuis 2006, année où l'on vit le rêve d'une deuxième étoile s'envoler.

Dans l'euphorie du sacre de 1998, mon grand-père m'avait fait part de cette prémonition : "La France championne du monde, on n'est pas prêt de revoir ça!". Disons-le, après l'immense frustration de 2006 et la honte ultime de 2010, je me suis dit plus d'une fois qu'il avait sans doute raison. La question qui m'a taraudée les jours précédents la finale pourrait être formulée de la manière suivante : "Vingt ans, est-ce assez long pour plonger de nouveau dans un océan de bonheur et de fierté ?". Si celui qui a rendu cet oracle, n'est plus là pour préciser sa pensée, je peux dire aujourd'hui que oui, vingt ans, c'est suffisant ! Je peux derechef mourir tranquille !

Ce qui est marquant pour moi, c'est que chacune des finales des Bleus en coupe du monde s'inscrit dans une période éminente de ma vie. Du haut de mes onze ans, j'ai vécu l'été 1998 comme un rêve éveillé sans toutefois saisir la portée historique de ce tout premier titre. Jeune étudiante en 2006, j'étais dépitée de ne pas avoir assisté à une fête monumentale après cette horrible séance de tirs au but. Et maintenant, quelques jours après cette deuxième étoile, je me pince encore pour y croire, tellement j'avais intégré que je ne reverrais pas ça de si tôt.

Quels souvenirs gardera-t-on de ce 15 juillet 2018 ? Des scènes de liesse populaire au coup de sifflet final ? Du lieu où on était pour suivre ce France / Croatie ? Des gens qui ont partagé avec nous la célébration de cette deuxième couronne ? D'un été radieux qui nous aura fait oublier les tracas du quotidien ? De la remise au goût du jour d'un vieux tube de Gloria Gaynor ? Des klaxons, des cris de joie, des gens qui se congratulent ? D'une unité nationale, pour quelques jours, retrouvée ? A chacun de se constituer son album souvenirs mais je pense pouvoir le dire : été 2018, qu'est-ce qu'on était bien !