Volontaires Euro 2016

A moins d'habiter sur la planète Mars, comment passer à côté de l'événement footballistique de l'année, qui, cerise sur le gâteau, se déroulera en France ? J'ai nommé l'Euro 2016, nouveau cauchemar, après France 1998 (mais je parle là d'un temps que les moins de vingt ans – ou presque – ne peuvent pas connaître), pour celles et ceux à qui toute évocation du ballon rond donne des boutons.

Organiser une compétition de ce calibre est, pour le pays hôte, un travail de longue haleine. Comme souvent pour ce type d'événement, un programme de volontariat a été lancé par l'UEFA et la FFF. J'ai eu envie de tenter le coup et ai donc rempli le formulaire sur le "site officiel des volontaires de l'UEFA Euro 2016". Conclusion : mieux vaut prévoir un peu de temps parce qu'il faut répondre à un certain nombre de questions, si possible en anglais (ce que j'ai fait). Après en avoir terminé avec le questionnaire, j'ai choisi un jour et une heure pour passer un entretien dans les locaux de la FFF, 87 boulevard de Grenelle (et dire que j'ai habité tout près de cet auguste bâtiment pendant plus d'un an !).

Le 7 septembre 2015, je me rends donc, après le travail, au quartier général du football français. C'est la première que j'en pousse la porte. A l'entrée, un vigile me dit de monter à l'étage pour me présenter à l'accueil des volontaires. On me laisse patienter dans une salle d'attente. Au bout de quelques minutes, on m'appelle pour faire des essayages. Des essayages, vous avez bien lu ! Il s'agit d'enfiler la tenue officielle des volontaires. En fait, celle que j'ai passée (vêtements de type sportif : t-shirt, jogging, baskets) n'est pas l'uniforme définitif, celui-ci ne sera dévoilé que quelques semaines avant le début de la compétition. Une salle de réunion, ornée de maillots de l'équipe de France et de posters à sa gloire, tient lieu de cabine d'essayage.

On m'appelle pour l'entretien. Je me retrouve sur une petite table face à un jeune homme (né, selon toute vraisemblance, à la fin des années 80) planté devant un ordinateur portable et un classeur. Il me demande de me présenter, je lui raconte donc ma vie en une minute chrono. Il revient sur mes expériences en tant que volontaire pour des événements sportifs. On fait le point sur les compétences que je serais susceptible de mettre en oeuvre pour l'Euro. Histoire de vérifier mon niveau d'anglais, il me pose une question à laquelle je dois répondre dans la langue de Shakespeare. Voilà en gros comment cela s'est passé. Il me dit que, lui aussi, est bénévole (bénévole chargé de recruter les bénévoles). Au vu de mon profil (notamment parce que je parle quatre langues), il propose de m'inscrire sur deux missions (en m'informant toutefois que très peu de postes sont ouverts au bénévolat sur celles-ci) : services aux VIP et organisation des matchs. Qui dit VIP, dit uniforme spécial. Me voilà repartie pour une séance d'essayage ! Cette fois-ci, c'est en mode jupe plisée bleue marine et veste grise (là non plus, les vêtements ne sont pas définitifs). Avant de quitter les lieux, on m'offre la tasse officielle de l'Euro. Elle est plutôt jolie, cela fera un souvenir.

Lors de l'entretien, le "recruteur" m'avait assuré que tous les candidats recevraient une réponse en décembre 2015. Le mois de janvier est bien entamé et j'attends toujours un signe de vie de la part de l'UEFA. Sur le papier, je pense avoir de bonnes chances d'être prise. J'ai acquis, en effet, une certaine expérience en matière de volontariat dans le domaine du sport. J'ai été, notamment, bénévole pour la coupe du monde féminine de football en Allemagne (j'effectuais mon stage de fin d'études de l'autre côté du Rhin), pour plusieurs éditions du marathon de Paris ainsi que pour pas mal d'autres courses. Mais advienne que pourra !

Il faut bien le dire, être volontaire pour un événement sportif tel l'Euro de football oblige à quelques aménagements. Vous l'aurez deviné, il faut se rendre disponible le jour des matchs et, selon le poste occupé, parfois la veille ou l'avant-veille. Certaines missions nécessitent, en plus, une petite formation. Par conséquent, il faut dégager du temps et être prêt à poser des jours de congé quand les matchs tombent en semaine.

Mercredi 20 janvier. De retour au bureau après le déjeuner, j'écoute un message vocal laissé sur mon portable. C'est la FFF ! On me demande de rappeler, ce que je fais. Suspense !!! Et là, une jeune femme m'annonce que l'UEFA (parce que c'est elle qui, apparemment, a le dernier mot) a trouvé mon profil intéressant (merci) mais qu'au vu du nombre de candidatures reçues, elle ne peut que me proposer de faire partie de la réserve. J'annonce cette triste nouvelle à mon entourage, quelques réactions :

  • ma mère : "C'est sur piston, on ne connaît même pas leurs critères de sélection !" ;

  • mon collègue : "Tu n'auras pas besoin de gaspiller de précieux jours de congés" ;

  • mon petit ami : "Pauvre de toi !" ;

  • mon pote révolutionnaire : "Attends, ne me dis pas que tu avais postulé pour travailler sans être payée pour l'UEFA, institution richissime et corrompue ! Mais c'est un scandaaaaaaaale ! (Et, en plus, tu me déçois)".

J'ai reçu cette semaine un courriel m'informant de mon intégration à la réserve. Je dois avouer que je suis assez peu enthousiaste à cette idée. Faire partie de la réserve signifie qu'on peut être appelé au pied levé pour pallier un désistement. Je travaille et j'ai une vie, alors être mobilisée du jour au lendemain ne m'enchante guère. Bref, c'est bien parti pour que l'Euro 2016 se fasse sans moi !